Les devoirs en ligne peuvent vite devenir le moment le plus lourd de la journée : fatigue après l’école, impatience, larmes, chicanes… et vous finissez par vous demander si vous faites “ça comme il faut”. La bonne nouvelle : la plupart des blocages ne viennent pas d’un manque d’intelligence, mais d’une routine floue, d’attentes mal alignées, ou d’une méthode de travail pas encore installée. Dans cet article, on vous montre comment créer une routine simple et réaliste (adaptée aux 5–13 ans), quoi dire et quoi éviter, et comment un atelier parent-enfant de 45 minutes peut remettre vos soirs sur des rails.
Pourquoi les devoirs deviennent un champ de bataille chez les 5–13 ans (Québec)
Entre 5 et 13 ans, votre enfant apprend encore à :
gérer son énergie après l’école;
se concentrer malgré les distractions;
comprendre les consignes;
organiser son matériel;
développer son autonomie.
Au Québec, le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) met l’accent sur le développement de compétences (lire, écrire, résoudre des problèmes, utiliser des stratégies), pas seulement sur “finir une page”. Ça veut dire qu’un enfant peut “faire” ses devoirs… sans vraiment consolider comment apprendre.
Autre enjeu très concret : les écrans. Après l’école, l’attention est souvent déjà sollicitée, et le “mode devoirs” devient difficile à activer. Des repères de santé publique au Québec recommandent de limiter le temps d’écran de loisir chez les jeunes (ex. viser moins de 2 h/jour pour les 5–17 ans) — ce qui influence directement la qualité des soirs et du sommeil.
Atelier “devoirs en ligne” : une méthode simple en 3 étapes (45 minutes)
L’objectif de l’atelier n’est pas de “faire tous les devoirs à la place de l’enfant”, mais d’installer un cadre : routine, stratégie, et communication parent-enfant. En 45 minutes, on construit un plan clair que vous pouvez répéter toute la semaine.
Étape 1 — Clarifier la routine (sans viser la perfection)
On met en place une routine ferme mais flexible : même heure approximative, même lieu, même séquence. L’enfant sait à quoi s’attendre, donc il résiste moins.
Mini check-list routine (à coller sur le frigo) :
Collation + eau (5 min)
“Décharge” (10 min) : bouger / respirer / parler de la journée
Devoirs (1–2 blocs courts)
Petite pause (2–3 min)
Fin + rangement + préparation du sac
Astuce : mieux vaut 2 blocs de 12 minutes efficaces qu’un 45 minutes “à se battre”.
Étape 2 — Installer une méthode de travail (pas juste “répondre”)
On enseigne une micro-méthode que l’enfant peut répéter :
Lire la consigne (à voix haute si nécessaire)
Souligner les mots importants
Dire ce qu’on doit faire en une phrase (“Je dois…”)
Faire un exemple (même petit)
Vérifier (erreurs fréquentes)
C’est ce type de stratégie qui soutient l’autonomie à long terme (et qui diminue la dépendance au parent).
Étape 3 — Désamorcer les conflits (scripts simples)
On remplace les phrases qui déclenchent (“Voyons… c’est facile!”) par des phrases qui cadrent :
“On fait un seul exercice pour commencer.”
“Tu choisis : math ou français en premier?”
“Je t’aide à démarrer, après je te regarde faire.”
“On vise le progrès, pas la perfection.”
Hook atelier (à garder en tête) : 45 minutes pour transformer vos soirs.
Français / Math : exemples concrets adaptés (5–13 ans)
Français : un exercice “zéro chicane” (lecture + compréhension)
Objectif : comprendre sans relire 10 fois.
L’enfant lit un paragraphe.
Vous demandez 2 questions très simples :
“De qui on parle?”
“Qu’est-ce qui se passe?”
Ensuite, l’enfant surligne 3 mots qu’il ne connaît pas et vous faites :
deviner avec le contexte;
trouver un synonyme;
faire une phrase.
Résultat : vous travaillez vocabulaire + compréhension + confiance, sans transformer ça en interrogatoire.
Math : une routine “problèmes” qui marche
Objectif : arrêter de bloquer devant les énoncés.
Encadrer les données (nombres + unités)
Cercler la question (“Combien…?” “Quelle différence…?”)
Choisir l’opération avec un repère :
“En tout” → addition
“Il reste” → soustraction
“Chaque / par” → multiplication
“Partage” → division
Faire un dessin rapide (même des bâtons)
Vérifier : “Ma réponse est-elle logique?”
Conseils aux parents (pratiques, simples, efficaces)
Même endroit, même matériel : table, lumière, crayons, efface, cahier.
Coupez les distractions : télé fermée, cellulaire hors de vue.
Commencez par le plus facile pour “démarrer le moteur”.
Utilisez un minuteur : l’enfant voit que ça se termine.
Validez l’effort, pas juste le résultat : “J’ai vu que tu t’es concentré.”
Pause courte = pause vraie (eau, étirement), pas YouTube.
Un adulte calme = devoirs plus courts (oui, vraiment).
Ces repères sont cohérents avec plusieurs recommandations scolaires québécoises : lieu calme, routine, attitude positive, supervision adaptée. Centre de services scolaires de Montréal
Quand envisager un accompagnement structuré (et à quoi s’attendre)
Vous n’avez pas besoin d’attendre une “grosse note rouge” pour agir. Voici des signaux fréquents :
devoirs qui prennent anormalement longtemps;
l’enfant comprend en classe, mais bloque à la maison;
crise dès qu’on sort le sac;
oublis répétés (consignes, matériel);
confiance qui baisse (“Je suis nul/nulle”).
Un accompagnement structuré (comme un atelier parent-enfant) sert à :
revenir à la base (routine + méthode);
outiller le parent (quoi dire, quoi faire);
rendre l’enfant plus autonome;
calmer l’ambiance à la maison.
Petit “E-E-A-T” concret (exemples réels, anonymisés)
Exemple 1 : un élève de 4e année qui “décrochait” en problèmes a réduit ses blocages en 2 semaines en appliquant une routine “données-question-opération-dessin-vérif”.
Exemple 2 : une famille a raccourci la période devoirs de ~60 min à ~30–35 min en instaurant deux blocs courts + minuteur + choix (math/français) et en retirant l’écran pendant la transition.
(Option) Mini planning sur 2 semaines pour stabiliser les soirs
| Semaine | Objectif | Activités | Durée |
|---|---|---|---|
| 1 | Routine + démarrage sans crise | 2 blocs courts + minuteur, choix de l’ordre, coin devoirs | 25–40 min |
| 2 | Autonomie + méthode | Stratégies consignes, vérification, 1 exercice “en solo” | 25–45 min |
FAQ – Questions fréquentes
1) Comment faire les devoirs sans chicane?
Gardez la routine simple : collation → petit “reset” → 2 blocs courts. Donnez un choix (math/français) et commencez par un exercice facile pour créer l’élan.
2) Mon enfant refuse de faire ses devoirs : je fais quoi?
Réduisez l’objectif : “On commence par 5 minutes.” L’important est le démarrage, pas la quantité. Si ça bloque, revenez à la consigne et faites un exemple ensemble.
3) Combien de temps les devoirs devraient prendre au primaire?
Ça varie selon l’âge et l’école. Le repère utile : si ça devient régulièrement très long, conflictuel, ou que l’enfant est épuisé, il faut ajuster la routine et la méthode (et parler à l’enseignant·e au besoin).
4) Est-ce que les devoirs en ligne sont efficaces?
Oui, si on structure : routine, objectifs clairs, et stratégies. “En ligne” ne veut pas dire “plus d’écran” : l’idée est d’utiliser le temps intelligemment, avec des blocs courts et des pauses.
5) Que faire si je ne suis pas bon/ne en français ou en maths?
Votre rôle principal, c’est le cadre (routine, attitude, organisation). Pour le contenu, on peut outiller l’enfant avec des stratégies et des exercices adaptés au programme.
Une routine de devoirs solide, ce n’est pas une discipline militaire : c’est un cadre rassurant qui aide votre enfant à apprendre comment apprendre. En ajustant le moment, la méthode et la façon de communiquer, vous pouvez réduire les tensions — et augmenter l’autonomie.
Prêt·e à offrir à votre enfant un cadre rassurant pour ses devoirs et consolider ses bases en français et en mathématiques ?



